Biothérapies dans le psoriasis

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Biothérapies dans le psoriasis

Les biothérapies sont des  protéines humanisées synthétisées par génie génétique, utilisées dans les maladies inflammatoires chroniques depuis l’an 2000 et  depuis 2004 dans le traitement du psoriasis.

Ces traitements sont indiqués en cas de psoriasis en plaques modéré à sévère chez l’adulte en cas d’échec, d’intolérance ou de contre-indication à deux traitements  parmi : PUVAthérapie, acitrétine, méthotrexate et ciclosporine. Il s’agit des anti-TNF (infliximab, etanercept, adalimumab, certolizumab pegol), d’un anti Il12/IL 23 (ustekinumab), des anti IL 17 (secukinumab, ixekizumab, brodalumab) et d’un antiIL23p19 (guselkumab). L’adalimumab, l’etanercept et l’ustekinumab ont l’AMM dans le psoriasis de l’enfant respectivement à partir de 4, 6 et 12 ans.

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Les biothérapies nécessitent la réalisation d’un bilan avant leur mise en route à la recherche de contre-indication : infection évolutive, cancer, insuffisance cardiaque … Ce bilan comporte un interrogatoire portant sur les antécédents du patient, un examen clinique, un bilan biologique, la recherche d’un contact antérieur avec la tuberculose (intradermoréaction ou test sanguin type Quantiferon®), et une imagerie pulmonaire. D’autres examens peuvent être réalisés en fonction de l’examen clinique.

La mise à jour des vaccinations courantes et la vaccination contre le pneumocoque et la grippe saisonnière sont recommandées.  

En cas de contact antérieur avec la tuberculose un traitement antibiotique par rifampicine et isoniazide doit être mis en place au moins 3 semaines avant le début de la biothérapie et pour une durée de 3 mois. Une surveillance médicale régulière est nécessaire sous biothérapie.

Ces traitements s’administrent par voie sous cutanée avec une fréquence variable en fonction des molécules (toutes les semaines pour l’etanercept, tous les 8 ou 15 jours pour l’adalimumab, tous les 15 jours pour le certolizumab pegol et le brodalumab, toutes les 4 semaines pour le secukinumab et l’ixekizumab, toutes les 8 semaines pour le guselkumab et tous les 12 semaines pour l’ustekinumab; en dehors de la phase d’attaque) ou par voie intraveineuse toutes les huit semaines pour l’infliximab. Ces molécules nécessitent une prescription initiale hospitalière annuelle, mais leur prescription peut être renouvelée dans l’intervalle par un dermatologue libéral.

Si une intervention chirurgicale doit être réalisée sous traitement, la biothérapie doit être interrompue 5 demi-vies auparavant. La reprise s’effectue après cicatrisation complète. Les vaccins vivants (rougeole-oreillons-rubéole, fièvre jaune, varicelle-zona) sont contre indiqués au cours d’un traitement par biothérapie. Si une infection sévère survient en cours de traitement, celui-ci doit être interrompu jusqu’à guérison.

Le choix d’une biothérapie se fait au cas par cas en analysant les autres pathologies du patient (diabète, cirrhose, infcetion chronique…), les contre-indications spécifiques à certaines biothérapies (ex : pathologie neurologique démyélinisante et anti TNF…), une autre pathologie inflammatoire chronique nécessitant une prise en charge (ex : maladie de Crohn, rhumatisme inflammatoire chronique….), le mode de vie du patient….

De nouvelles biothérapies sont en cours de développement ciblant l’IL 17 (bimekizumab); l’IL 23 ( risankizumab, tildrakizumab). Des biosimilaires, équivalent des génériques pour les biothérapies, sont disponibles pour l’infliximab, l’etanercept et l’adalimumab.

Auteur : Dr Anne-Claire FOUGEROUSSE – Dermatologue, praticien hospitalier

Hôpital Bégin Saint Mandé (94)

05/2019