Les traitements alternatifs

Quelle est la place des traitements alternatifs dans le psoriasis ?

Les traitements alternatifs ou « non conventionnels » du psoriasis sont nombreux. La palette est large, allant des traitements prétendument « miracles » relevant de la charlatanerie aux pratiques hygiéno-diététiques de « bon sens » qui peuvent raisonnablement s’associer aux traitements allopathiques.

Sur la toile, les patients sont confrontés à une multitude d’offres plus ou moins saugrenues sans toujours pouvoir disposer des ressources utiles pour faire le tri. Internet et les réseaux sociaux sont les principaux vecteurs de diffusion de ces offres, mais également les pharmacies, les magasins et marchés dits « bio », voire certains médecins qui les conseillent et les prescrivent.

homeopathie

Les traitements alternatifs : amis ou ennemis ?

On distingue 2 types d’offres :

Les produits ou les méthodes miracles tels :

  • le lait de jument (décliné en savon, crème, gélule),
  • les poissons « docteurs » avides de kératine (Garra rufa) utilisés dans les fish spa,
  • les régimes du docteur Seignalet ou du docteur Pagano, les messes et le nettoyage des toxines du côlon et du foie (hydrothérapie),
  • les produits à base de bave d’escargots ;
  • les compléments alimentaires à l’huile de bourrache, de lécithine marine, d’oméga 3 ;

Cette liste n’est pas exhaustive et aucune étude clinique n’a montré une efficacité avérée de ces produits ou méthodes proposées à ce jour.

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 Les méthodes « holistiques »

  • les cures thermales ;
  • la mer Morte (et ses produits dérivés) ;
  • une bonne hygiène de vie : une alimentation équilibrée et de l’activité physique régulière  ;
  • les médecines douces : psychothérapie, homéopathie, sophrologie, acupuncture, hypnose.

Pouvant être prescrits par un médecin et apporter un accompagnement et une aide à la prise en charge variant d’un patient à l’autre ;

Pourquoi se laisse t-on tenter ? 

  • le psoriasis reste une maladie inflammatoire, chronique, complexe dans son mécanisme et d’évolution imprévisible, échappant souvent aux traitements classiques ;
  • les patients sont nombreux à bénéficier d’une prise en charge inadaptée et à être en situation d’échec pensant avoir essayé tous les traitements disponibles de la médecine «académique»
  • les malades sont résignés car s’entendent dire encore trop souvent « il n’y a rien à faire, c’est dans votre tête ! » ou encore « dé-stressez, ça ira mieux ! » ;
  • les produits « naturels » sont considérés comme dénués d’effets secondaires;
  • les messages de promesse de guérison donnent de l’espoir aux patients.

En définitive, le patient pense pouvoir s’autogérer et s’éloigne du parcours de soin traditionnel.

Les marchands de ces offres, charlatans ou non, profitent des failles de la prise en charge : aucun traitement ne permet de contrôler instantanément le psoriasis ou le prévenir bien qu’aujourd’hui des rémissions sont observées sur le moyen, long terme avec les nombreux traitements dont nous disposons. Les malades ont besoin de croire en un traitement simple radical qui traite la source causale de leur affection. Certains traitements alternatifs ne sont pas simplement, dans leur grande majorité, farfelus. Ils peuvent être également dangereux par plusieurs aspects : carences alimentaires dues à des régimes trop stricts pouvant occasionner d’autres pathologies, transmission d’agents pathogènes par des poissons « docteurs » vecteurs [1], dissimulation d’entreprises sectaires, perte d’argent, entretien des croyances et des fausses vérités.

Néanmoins, certains de ces traitements ont des aspects bénéfiques qu’il ne faut pas nier : accompagnement de la pathologie afin de passer un cap, traitement du stress induit par la chronicité de la maladie, re-découverte des bienfaits d’une hygiène de vie.

De très nombreux patients psoriasiques ont en tête ces traitements alternatifs avant de pousser la porte du cabinet du dermatologue. La consultation doit permettre de les aborder sans tabou pour montrer ainsi au patient l’attention portée à son environnement et ses inquiétudes.

Ce dialogue autour des traitements annexes avec le dermatologue permet d’engager la discussion sous un angle différent et de cerner le niveau d’information du patient. Le psoriasis ne se guérit pas mais il se soigne !

Cela permettra peut-être ainsi de comprendre la réticence de certains à prendre des traitements dits « conventionnels » et à améliorer l’observance.

Pour aller plus loin :

http://www.derives-sectes.gouv.fr/quest-ce-quune-dérive-sectaire

L’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), consultable sur le site www.anses.fr ;

L’avis du HCSP du 17 mai 2016, consultable sur le site www.hcsp.fr.

Auteur : Dalila SIMONIAN – Responsable communication et partenariats RESO

29/01/2018